J'aurais du le faire sur le moment, quand c'était encore tout frais dans ma mémoire. Avant que des tas d'autres souvenirs ne viennent s'empiler sur celui là. Avant que la musique ne disparaisse, remplacée par des comptines. Avant que je ne perde mes affaires. C'était bon. Du bonheur brut, à forte dose. D'un coup d'un seul. Des images plein les yeux. Des flashs éblouissant sous l'alcool. La tête vide, le sourire aux lèvres. Et tout ces gens qui nous fixaient. Et on buvait, et on criait, et on rigolait. Juste nous deux, ça suffisait pour que tout roule. J'avais raison quand je disais qu'elle n'y changerait rien. Evidement des choses changeront toujours, mais peut être en bien. Car rien ne nous résiste. On se fait remarquer partout où l'on va. Peut être que c'est à cause de toi, ou peut être de moi. Ou peut être que c'est comme ça. Même si j'danse pas les chansons pour les couples avec toi.
J'essaye de me souvenir, ce que ça m'a fait exactement, de les voir, de les entendre, de les chanter. Ce vide dans la tête, ces étoiles dans les yeux. S'imaginer ailleurs, porter par les voix, se balancer avec le son, imaginer d'autres bras, ceux qui seront autours de moi. Le regard perdu loin dans le noir, illuminé. Je savais ce que je voulais. Ce que je faisais, sur le moment, au présent. Et je savais même, ce que je ferais après.