Je ne devrais pas écrire, trop épuisée pour faire autre chose que dormir. Je vous assure, je n'en peux plus. Je me mets à redouter le soir, lorsque la nuit tombe et qu'il me faut être seule. Je repousse de plusieurs heures mon coucher de peur de ne pas réussir à trouver le sommeil. Il y a une telle barrière entre le jour et la nuit. Le jour, je ris, et je ne sais pas pourquoi. Juste parce que c'est beau, juste parce que c'est amusant, juste parce qu'il n'y a rien d'autre à faire, mais je ris et je ne pense à rien d'autre. Je ris même de ce qui m'a fait pleurer autrefois. Souvenez vous, leur rumeur, leurs ragots de chastes vierges disséquant les corps qu'elles ne peuvent pas voir, et bien devinez quoi, retour à l'envoyeur. Elles ne connaissent sans doute pas le terme de vie privée. Elles ont dilapidé la mienne, ne croyez quand même pas que je vais défendre leur jardin secret. Je suis naïve, certes, mais pas encore à ce point là. Il y a un an, c'était IN, d'être pucelle d'après elle, c'était le truc à défendre, un siècle en retard, on aurait brûlé les jouvencelles perdues dans les méandres infernales des plaisirs de la chair. Retournement de situation quand ça les arrange, c'est IN, de se vanter de connaître tout ça, d'avoir essayer mais tout de même, n'allons pas trop loin, de n'avoir pas aimé. "Dégoûtant", elle ne recommencera pas. Ouvre les yeux, tu vois bien que tout le monde se moque de toi. Ca fait mal n'est ce pas, bien fait pour toi. Personne ne t'aime la belle, il est temps de s'en rendre compte. C'est aussi un défaut de chercher à tout point à être parfaite. D'ailleurs, tu n'as emmené que toi dans ton manège, personne ne s'y est laissé prendre. "Celui qui veut unir dans un accord mystique, l'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour, ne chauffera jamais son corps paralytique à ce rouge soleil que l'on nomme l'amour !"
Pourquoi n'est ce pas moi qui en parle ? Il faut toujours que ça tombe, par hasard, au milieu de nul part, de choses, de personnes sans rapport, il faut toujours que l'on me demande, comme une fleur, ce qu'il advient de faire maintenant, ce que l'on devrait faire de moi. Et puis les incontournables, Tu n'aurais pas dû, c'était une erreur, il aurait fallu, ce n'était que. Que l'on se mette d'accord. Je me fiche que ça ait à peine commencé ou que ce soit terminé, ça ne vous donne pas pour autant le droit de l'insulter. Qui croyez vous être, que pensez vous savoir, alors que vous n'avez jamais connu le besoin d'être courageux. C'est moi qui me vexe, et c'est moi qui me venge. Je suis la seule à pouvoir juger de ce qu'il est, de toute façon à vous, il ne vous a rien fait. Je déciderais seule s'il est le beau ou la bête. Il a plut à verses. Je me suis trempée, les nombreuses couches de vêtements collées à la peau. J'ai eu froid. J'ai eu mal. Ca m'a fouetté le visage, ça a ruisselé sur mes joues, j'aurais pu pleurer de douleur, si ça avait duré plus longtemps. Et puis je ne me suis toujours pas décidée à savoir si oui ou non je voulais la vérité. Et puis tout de même, que devient il ? Que fait il ? Et puis à qu[o]i pense - t - il ? Quand vais je voir ma cerise chérie ? Et puis quand viendra mon tour à moi aussi ? Et puis l'orage vient de commencer. Et puis où est Sami ?