Je me suis rendu compte que je ne le regardais plus. Je ne touche plus à rien, mais juste pour ne pas invoquer un flot de sentiments, ou de parfum en remuant ce qui lui a appartenu. Rien n'a changé de place, pour ces raisons là. Si je vois une vieille photo, je ferme les yeux. Si j'en vois une récente, je fais comme si je ne le reconnaissais pas. Mais je ne me sépare de rien, moi, parce que plus tard peut être que les souvenirs remués me feront simplement sourir. C'est ça que je souhaite aujourd'hui. Je vais commencer à me fabriquer une boite à souvenirs. Pour retrouver un jour, ce qui m'a fait rire ou pleurer. Pour que les "Garde le en souvenir." que l'on a prononcé parfois aient un sens. J'ai récolté des mots déchirés, des tiquets de tram usagés, des billets d'entrées, des cartes postales, les premiers ou les dermiers messages envoyés, et des photos tachées. Lorsqu'immanquablement, je te revois, j'ai l'envie malgré moi, de repasser ma main sur ton visage. Comme j'aimais le faire, il y a longtemps. Et j'ai cru sentir pendant la nuit, ta main sur mes hanches. Alors je me suis retournée, pour ne plus y penser.
J'ai enfin appris la suite de l'histoire. Le pourquoi du comment, il ne l'aime plus. Pour dire vrai, je ne l'ai jamais aimée. Elle a toujours été l'intrue, celle qui a tout gaché, et à qui on voudrait arracher le rictus à coup de cuter. A elles deux, elles sont devenues un savant mélange d'hypocrisie, et de manipulation. Moi je n'ai plus mal, mais par contre, je risque de le voir souffrir encore, et ce jusqu'à ce qu'elle parte. Parce qu'elle a toujours ou ce besoin d'être aimée, pour avoir le pouvoir de rejeter. Ce qu'elle n'a jamais compris, c'est pourquoi ils ne revenaient pas plus aimants encore par la suite. Enfète, c'est comme ça que ça c'est finit pour nous aussi. Mais lui il s'accroche au moins un peu. Peut être que j'apprécierais simplement, qu'elle arrètte de vouloir s'immicer dans les rares instants qu'on nous laisse partager. On peut tous vivre sans elle. Mais il ne comprendra jamais, qu'en me montrant l'affection qu'il a pour elle, moi il me blessait. Parce que je ne sais jamais ce que je suis sencée lui répondre. Lui dire vas y, va la rejoindre, ça m'est impossible. J'suis égoïste, mais je ne ferais pas ce sacrifice.
J'ai jubilé de voir une fille pleurer, j'en ai maudit une que je ne trouvais pas jolie. Quant à toi, crois moi, je pourrais bien jurer que je ne te laisserais pas m'oublier.